Montréal) Selon la raison qui pousse un retraité à vouloir retourner sur le marché du travail, le portrait peut être très différent, croit Sophie Labonne, planificatrice financière pour la Banque Scotia. «Retourner travailler quand on a la discrétion financière de le faire ou non, et à ses conditions, c'est génial?! Mais ce qui l'est moins, c'est d'avoir 65 ans et d'être obligé de se trouver de l'emploi parce qu'on n'a pas les moyens de vivre autrement.»
En effet, si 64?% des Québécois prévoient travailler après leur retraite, le tiers d'entre eux le feront pour des raisons financières, selon le sondage effectué par la Banque Scotia, qui en profite pour inciter les travailleurs à épargner le plus tôt possible pour leur retraite. «Il faut faire en sorte que si les gens veulent retourner travailler, ce sera par choix, et non par obligation», souhaite-t-elle, ajoutant que les rentes gouvernementales sont loin de suffire.
Retraités, mais pas vieux?!
Toujours selon le sondage de la Banque Scotia, les travailleurs québécois sans problèmes financiers retourneraient au travail pour rester actifs mentalement (67?%) et socialement (51?%). «L'âge de la vieillesse, donc de la retraite, a été fixé au début du XXe siècle. Mais aujourd'hui, les gens vivent mieux et plus longtemps. Certains ne sont pas prêts à cesser d'être actifs, car retraite signifie retrait de la vie active, mais aussi des réseaux sociaux??!»remarque Aline Charles, professeure d'histoire à l'Université Laval.
Marie a travaillé 25 ans comme traductrice pour le réseau public et a pris sa retraite à 55 ans. Après huit ans, elle n'est pas retournée travailler par manque d'argent, mais sur un appel de son employeur qui l'a recrutée, ainsi que quelques-unes de ses anciennes collègues, afin de prêter main-forte le temps d'un contrat de six mois. «Ça me fait beaucoup de bien d'utiliser mon cerveau à nouveau?!» avoue-t-elle.
Mais ce qui lui plaît le plus, c'est le plaisir de «jaser» avec ses collègues. «Même si on n'en est pas conscient, on s'isole quand même à la retraite, et ce sont ces contacts sociaux qui me font le plus de bien.»
De la place pour les retraités??
Les retraités ont beau vouloir travailler, encore faut-il qu'on veuille d'eux, nuance Louis Plamondon, professeur retraité, juriste et sociologue en gérontologie?: «Avec un taux de chômage de 8?%, il y a une grande réserve de main-d'oeuvre. Puis, le marché du travail change tellement vite, pourquoi un employeur voudrait-il engager des personnes âgées?? Pas étonnant que l'âge de la retraite n'ait cessé de diminuer pour atteindre une moyenne de 60 ans au pays.»
Les Québécois sont d'ailleurs parmi les plus jeunes à prendre leur retraite au Canada, selon une étude publiée ce mois-ci par l'Institut de la statistique du Québec. En effet, près de 45?% des nouveaux retraités de 2008 et 2009 au Québec ont moins de 60 ans, comparativement à 25?% dans l'Ouest et 33?% en Ontario.
Pour M. Plamondon, qui est aussi président du réseau internet francophone Vieillir en liberté, la vraie solution passe par une hausse des cotisations de 5?% (partagée entre l'employeur et l'employé) au Régime des rentes du Québec, une revendication soutenue par la FTQ. «L'amélioration du régime des rentes est la meilleure façon d'améliorer l'avenir des retraités pour tout le monde. Nous devons décider, en tant que société, si la retraite est encore un droit et le restera.»
Gérontologie & vieillissement; Entre septembre 2010 et l'été 2011, dans le cadre de l'élaboration de ce cours de maîtrise de l'École de réadaptation, je rechercherai sur Internet le contenu relatif à différents thèmes sur la personne âgée.
8 février 2011
Sécurité routière / Les seniors boudent les formations | L'Union
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). L'actualité récente a relancé le débat sur la conduite des personnes âgées. Au chef-lieu, des formations sont proposées mais elles sont peu suivies.
LE samedi 15 janvier dernier, vers 7 h 30, à hauteur de Monthermé, un automobiliste de 94 ans a roulé avec sa voiture sur la ligne de chemin de fer reliant Givet à Charleville, et ce sur près de trois kilomètres.
L'incident, qui n'a heureusement pas fait de blessé mais qui a occasionné d'importants retards au niveau du trafic SNCF, a suscité de très nombreux commentaires sur notre site internet.
Il relance en effet le débat sur la conduite des personnes âgées qui, en France, n'est soumise à aucun contrôle obligatoire.
LE samedi 15 janvier dernier, vers 7 h 30, à hauteur de Monthermé, un automobiliste de 94 ans a roulé avec sa voiture sur la ligne de chemin de fer reliant Givet à Charleville, et ce sur près de trois kilomètres.
L'incident, qui n'a heureusement pas fait de blessé mais qui a occasionné d'importants retards au niveau du trafic SNCF, a suscité de très nombreux commentaires sur notre site internet.
Il relance en effet le débat sur la conduite des personnes âgées qui, en France, n'est soumise à aucun contrôle obligatoire.
Thèmes :
Conduite automobile,
Vieillesse active
On peut soigner l’incontinence urinaire ! - Santé - Société - L'Express d'Outremont & de Mont-Royal
Un problème qui n’a rien à voir avec l’âge
L’Institut universitaire de Gériatrie de Montréal (IUGM) a mis en place une clinique externe de continence urinaire, qui a pour but de traiter ce problème qui ne fait pas partie du processus normal de vieillissement.
Vous avez plus de 65 ans et vous avez des pertes involontaires d’urine ? « Il ne faut pas hésiter à en parler car ce symptôme n’est pas lié au vieillissement », explique Audrey Jobin, infirmière clinicienne responsable de la clinique de continence urinaire de l’IUGM.
« Trop de personnes âgées croient que c’est dû à leur âge, se taisent et ne font rien pour corriger ce problème alors qu’il existe des solutions pour le régler. »
« Plusieurs traitements permettent d’intervenir. Il y a des exercices qui permettent de renforcer les muscles pelviens et contenir la vessie. Nous avons même un physiothérapeute à la clinique qui peut faire un programme individuel et personnalisé d’exercices dans ce sens. »
« La clinique offre une évaluation globale et interdisciplinaire du contrôle urinaire chez la personne âgée. De plus, elle assure un suivi thérapeutique à long terme pour la clientèle souffrant de ce problème », poursuit l’infirmière.
Des solutions parfois très simples
« On conseille aussi les patients sur certains changements à apporter dans leurs habitudes de vie et d’alimentation. Par exemple, réduire les boissons irritantes pour la vessie et qui la rende hyperactive, comme le café, le thé, les boissons gazeuses brunes, ou l’alcool; éviter les aliments acides, ou épicées; revoir les effets secondaires de sa médication avec son médecin traitant; etc. », détaille Audrey Jobin.
Selon ses propos, ces irritations accélèrent le processus d’évacuation alors que la vessie n’est pas pleine. Les jambes enflées chez certaines personnes peuvent aussi entraîner un besoin plus fréquent d’uriner. Des bas de contention seront une solution.
« L’important c’est de ne pas en avoir honte et d’en parler avec son médecin ou de consulter notre clinique à l’IUGM », rappelle Audrey Jobin. « Notre objectif c’est le maintien de l’autonomie, de la qualité de vie, de l’estime et de la confiance en soi des participants. »
La clinique de continence urinaire de l’IUGM est située au 4565, chemin Queen-Mary, à Montréal. Faciles d’accès, les services sont gratuits. Infos et rendez-vous auprès d’Audrey Jobin, infirmière clinicienne responsable de la clinique de continence urinaire, au 514 340-2800 (poste 3305), ou…
audrey.jobin.iugm@ssss.gouv.qc.ca.
« Trop de personnes âgées croient que c’est dû à leur âge, se taisent et ne font rien pour corriger ce problème alors qu’il existe des solutions pour le régler. »
« Plusieurs traitements permettent d’intervenir. Il y a des exercices qui permettent de renforcer les muscles pelviens et contenir la vessie. Nous avons même un physiothérapeute à la clinique qui peut faire un programme individuel et personnalisé d’exercices dans ce sens. »
« La clinique offre une évaluation globale et interdisciplinaire du contrôle urinaire chez la personne âgée. De plus, elle assure un suivi thérapeutique à long terme pour la clientèle souffrant de ce problème », poursuit l’infirmière.
Des solutions parfois très simples
« On conseille aussi les patients sur certains changements à apporter dans leurs habitudes de vie et d’alimentation. Par exemple, réduire les boissons irritantes pour la vessie et qui la rende hyperactive, comme le café, le thé, les boissons gazeuses brunes, ou l’alcool; éviter les aliments acides, ou épicées; revoir les effets secondaires de sa médication avec son médecin traitant; etc. », détaille Audrey Jobin.
Selon ses propos, ces irritations accélèrent le processus d’évacuation alors que la vessie n’est pas pleine. Les jambes enflées chez certaines personnes peuvent aussi entraîner un besoin plus fréquent d’uriner. Des bas de contention seront une solution.
« L’important c’est de ne pas en avoir honte et d’en parler avec son médecin ou de consulter notre clinique à l’IUGM », rappelle Audrey Jobin. « Notre objectif c’est le maintien de l’autonomie, de la qualité de vie, de l’estime et de la confiance en soi des participants. »
La clinique de continence urinaire de l’IUGM est située au 4565, chemin Queen-Mary, à Montréal. Faciles d’accès, les services sont gratuits. Infos et rendez-vous auprès d’Audrey Jobin, infirmière clinicienne responsable de la clinique de continence urinaire, au 514 340-2800 (poste 3305), ou…
audrey.jobin.iugm@ssss.gouv.qc.ca.
Espace national de réflexion éthique sur la maladie d'Alzheimer
Thèmes :
Mort et soins de fin de vie
Colloque sur la maltraitance envers les aînés - Mieux être - Société - L'Action
Le Dr André Davignon ouvrira le bal, le lundi 14 mars, avec une présentation portant sur l'âgisme. Le président de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), Louis Plamondon, l'animateur Michel Neveu et la directrice de la Fédération de l'Âge d'Or du Québec, section Lanaudière, Danielle Perreault prendront quant à eux la parole en après-midi.
Botox et cheveux gris | Marc Cassivi | Marc Cassivi
L'animatrice, en revanche, s'était fait dire quelque temps plus tôt qu'il était «peut-être temps pour le Botox» et qu'elle devrait bientôt «faire attention à ses rides avec l'arrivée de la haute définition». On lui a aussi proposé de la teinture noire en vaporisateur pour masquer ses repousses de cheveux gris.
Mardi, Miriam O'Reilly a remporté son procès pour discrimination liée à l'âge contre son ancien employeur. La BBC a accepté le jugement, présenté ses excuses à l'animatrice et promis de sensibiliser ses cadres à cette problématique.
Ce n'est pas la première fois que la radio-télévision publique britannique est accusée d'âgisme. Il avait aussi été question de discrimination, en 2007, lorsque Moira Stuart, alors âgée de 55 ans, avait été congédiée de son poste d'animatrice radio et qu'Anna Ford avait démissionné de son poste, reprochant à la BBC de n'embaucher aucune femme de plus de 60 ans dans ses bulletins d'informations.
Mardi, Miriam O'Reilly a remporté son procès pour discrimination liée à l'âge contre son ancien employeur. La BBC a accepté le jugement, présenté ses excuses à l'animatrice et promis de sensibiliser ses cadres à cette problématique.
Ce n'est pas la première fois que la radio-télévision publique britannique est accusée d'âgisme. Il avait aussi été question de discrimination, en 2007, lorsque Moira Stuart, alors âgée de 55 ans, avait été congédiée de son poste d'animatrice radio et qu'Anna Ford avait démissionné de son poste, reprochant à la BBC de n'embaucher aucune femme de plus de 60 ans dans ses bulletins d'informations.
Thèmes :
Vieillesse active,
Vieillesse et société
«Euthanasie ou acharnement thérapeutique : même combat» | L'Union
Chef du service de médecine interne et gérontologie clinique à Maison-Blanche, le professeur François Blanchard aborde de front la notion de fin de vie, de souffrance et d'euthanasie. Un point de vue humain mais sans la moindre concession. Pour lui, c'est le patient qui doit décider, plus jamais le médecin, ni sa famille ou son référent.
l'union : Quelle est la maladie qui conduit le plus grand nombre de patients au sein d'un de vos services ?
Pr François Blanchard : « C'est sans conteste la maladie d'Alzheimer qui draine un maximum de malades au cœur de nos services.
On peut estimer à un peu moins de 20 % la proportion de malades atteints par cette maladie dans les unités du service.
Sur les 1 600 hospitalisations excédant les deux jours, sans compter les consultations et les admissions à l'hôpital de jour, ce sont à peu près 320 personnes qui sont touchées par cette maladie qui se retrouvent admises chez nous chaque année. »
Cette maladie est-elle en phase ascendante ?
« Effectivement, nous comptons beaucoup plus de cas d'Alzheimer qu'il y a une vingtaine d'années. À cela, il y a deux raisons avérées et une autre qui doit rester à l'état d'hypothèse en attendant le résultat de certaines études. C'est une maladie qui touche les personnes d'un certain âge et le terroir de Champagne-Ardenne et son exode massif de jeunes expliquent cet accroissement du phénomène. Une autre explication de cette croissance est la progression de la diagnostication de ce mal.
On sait beaucoup mieux détecter aujourd'hui la maladie. Et dernière raison qui reste, pour le moment à l'état d'hypothèse : la relation entre les secteurs géographiques et le développement de la maladie d'Alzheimer. En clair, plusieurs régions où l'environnement subit des agressions de produits polluants sont des zones de prévalence de la maladie. Cela a été observé, il s'agit désormais de se pencher beaucoup plus attentivement sur le sujet. Mais si des études sont effectuées, c'est bel et bien qu'il y a des éléments pour les étayer. »
Quels sont les changements notables dans les traitements des patients atteints par Alzheimer ?
« Les traitements peuvent aujourd'hui stabiliser et freiner l'évolution de la maladie pendant environ deux années. Mais il y a toujours des « déclineurs rapides », c'est-à-dire des patients réfractaires aux traitements. Ils sont entre 20 et 25 %. Cependant des progrès sont faits autour du discours avec les malades. Les médecins et les internes ne doivent plus tenter de les ramener dans notre monde mais c'est à nous, médecins et praticiens, à entrer dans le leur.
À Reims, nous avons la chance de bénéficier d'une unité spécifique pour les cas aigus. Il n'y en a que trois en France. À nous de la développer. Les équipes sont formées pour cela et elles font du bon travail. »
Plus question d'assommer les patients de médicaments donc ?
« Alzheimer induit des troubles du comportement. Mais ce n'est pas pour cela que nous allons abrutir les patients de médications. Au contraire, en général, nous réglons le problème en une dizaine de jours en écoutant le patient sans le moindre traitement médicamenteux.
Cela prend du temps mais nous nous devons de rétablir une vie émotionnelle et de réhabiliter le patient. Plus un praticien va exiger des choses, plus les troubles comportementaux vont se trouver accentués. »
Dans certains cas, vous vous retrouvez confrontés à la mort. Comment l'appréhende-t-on aujourd'hui ?
« Dans notre service, il y a environ 150 morts par an. Il est beaucoup plus facile d'accompagner un patient de 85 ans qu'une jeune personne vers la mort. Mais à cela je constate que la perception des vieilles personnes a changé. Avant, un vieillard était considéré comme un sage.
Aujourd'hui, on a l'image d'une personne qui coûte cher. Mais à cela je réponds que la seule manière de vivre est de vieillir. La vieillesse n'est plus l'expérience mais est le synonyme de la mort de nos jours. »
Les patients vous demandent-ils de mettre fin à leurs jours ?
« Cela arrive encore quelque fois tous les ans. Mais il faut effectuer un distinguo entre les différents types de pathologies. Les pathologies aiguës surprennent tout le monde, malades et familles. Ils n'ont pas le temps de s'y préparer. Il y a également les grands vieillards qui cumulent plusieurs maladies.
Puis il y a les cas de démence cumulée à d'autres maladies. Et puis, il y a les maladies chroniques dont le sort est inéluctable.
C'est la plupart du temps dans ces cas-là que des demandes émergent. Mais, elles n'émergent souvent pas du patient mais plutôt de la famille qui a peur de la souffrance de son être cher et de voir son apparence physique changer. »
Lorsqu'une famille ou un patient vous demande une euthanasie, que faites-vous ?
« Cela se passe en plusieurs temps. Il y a le temps de la chaise où le praticien se doit d'écouter les différentes motivations de la demande.
Au médecin d'adapter ses mots aux capacités de compréhension du patient.
Il faut également lui demander quelle est la représentation de sa mort et de sa maladie. Dans un deuxième temps, il faudra être clair et dire « nous n'allons pas vous faire mourir ». Nous sommes en capacité de combattre des souffrances avec des médecins spécialistes de la prise en charge de la douleur. »
Vous soignez donc le malade coûte que coûte ?
« Non, car nous lui précisons aussi que si nous n'allons pas le faire mourir, nous n'allons pas non plus l'accabler de médicaments. Je suis contre les traitements d'obstination. Dans tous les cas, nous indiquons bien aux malades que nous n'allons rien faire sans son accord. Mais les thérapies agressives ne servent à rien si c'est pour faire dormir un malade en fin de vie et ne jamais qu'il se réveille. Dans l'extrême majorité des cas, les malades ne souffrent pas, ce sont les familles qui ont peur. C'est le malade qui décide. »
Les évolutions juridiques de ces dix dernières années vont-elles dans le bon sens ?
« Il y a deux textes qui sont intéressants : la loi Kouchner de 2002 ainsi que le texte Léonetti de 2006.
Avec cette première loi, il est clairement indiqué que ce sont les malades eux-mêmes qui décident. Ce n'est plus le médecin qui a le pouvoir et c'est une bonne chose.
La loi Kouchner a aussi permis aux malades de désigner un référent. Une chose très intéressante pour les praticiens lorsque la communication avec le malade est rendue très difficile. Autre texte important pour les praticiens, la loi Léonetti de 2006 permet aux patients de rédiger sur une note ses volontés. Cette note est valable trois ans et cela permet aux malades d'être clair avec sa famille mais aussi avec les médecins. »
Propos recueillis par Th.D.
l'union : Quelle est la maladie qui conduit le plus grand nombre de patients au sein d'un de vos services ?
Pr François Blanchard : « C'est sans conteste la maladie d'Alzheimer qui draine un maximum de malades au cœur de nos services.
On peut estimer à un peu moins de 20 % la proportion de malades atteints par cette maladie dans les unités du service.
Sur les 1 600 hospitalisations excédant les deux jours, sans compter les consultations et les admissions à l'hôpital de jour, ce sont à peu près 320 personnes qui sont touchées par cette maladie qui se retrouvent admises chez nous chaque année. »
Cette maladie est-elle en phase ascendante ?
« Effectivement, nous comptons beaucoup plus de cas d'Alzheimer qu'il y a une vingtaine d'années. À cela, il y a deux raisons avérées et une autre qui doit rester à l'état d'hypothèse en attendant le résultat de certaines études. C'est une maladie qui touche les personnes d'un certain âge et le terroir de Champagne-Ardenne et son exode massif de jeunes expliquent cet accroissement du phénomène. Une autre explication de cette croissance est la progression de la diagnostication de ce mal.
On sait beaucoup mieux détecter aujourd'hui la maladie. Et dernière raison qui reste, pour le moment à l'état d'hypothèse : la relation entre les secteurs géographiques et le développement de la maladie d'Alzheimer. En clair, plusieurs régions où l'environnement subit des agressions de produits polluants sont des zones de prévalence de la maladie. Cela a été observé, il s'agit désormais de se pencher beaucoup plus attentivement sur le sujet. Mais si des études sont effectuées, c'est bel et bien qu'il y a des éléments pour les étayer. »
Quels sont les changements notables dans les traitements des patients atteints par Alzheimer ?
« Les traitements peuvent aujourd'hui stabiliser et freiner l'évolution de la maladie pendant environ deux années. Mais il y a toujours des « déclineurs rapides », c'est-à-dire des patients réfractaires aux traitements. Ils sont entre 20 et 25 %. Cependant des progrès sont faits autour du discours avec les malades. Les médecins et les internes ne doivent plus tenter de les ramener dans notre monde mais c'est à nous, médecins et praticiens, à entrer dans le leur.
À Reims, nous avons la chance de bénéficier d'une unité spécifique pour les cas aigus. Il n'y en a que trois en France. À nous de la développer. Les équipes sont formées pour cela et elles font du bon travail. »
Plus question d'assommer les patients de médicaments donc ?
« Alzheimer induit des troubles du comportement. Mais ce n'est pas pour cela que nous allons abrutir les patients de médications. Au contraire, en général, nous réglons le problème en une dizaine de jours en écoutant le patient sans le moindre traitement médicamenteux.
Cela prend du temps mais nous nous devons de rétablir une vie émotionnelle et de réhabiliter le patient. Plus un praticien va exiger des choses, plus les troubles comportementaux vont se trouver accentués. »
Dans certains cas, vous vous retrouvez confrontés à la mort. Comment l'appréhende-t-on aujourd'hui ?
« Dans notre service, il y a environ 150 morts par an. Il est beaucoup plus facile d'accompagner un patient de 85 ans qu'une jeune personne vers la mort. Mais à cela je constate que la perception des vieilles personnes a changé. Avant, un vieillard était considéré comme un sage.
Aujourd'hui, on a l'image d'une personne qui coûte cher. Mais à cela je réponds que la seule manière de vivre est de vieillir. La vieillesse n'est plus l'expérience mais est le synonyme de la mort de nos jours. »
Les patients vous demandent-ils de mettre fin à leurs jours ?
« Cela arrive encore quelque fois tous les ans. Mais il faut effectuer un distinguo entre les différents types de pathologies. Les pathologies aiguës surprennent tout le monde, malades et familles. Ils n'ont pas le temps de s'y préparer. Il y a également les grands vieillards qui cumulent plusieurs maladies.
Puis il y a les cas de démence cumulée à d'autres maladies. Et puis, il y a les maladies chroniques dont le sort est inéluctable.
C'est la plupart du temps dans ces cas-là que des demandes émergent. Mais, elles n'émergent souvent pas du patient mais plutôt de la famille qui a peur de la souffrance de son être cher et de voir son apparence physique changer. »
Lorsqu'une famille ou un patient vous demande une euthanasie, que faites-vous ?
« Cela se passe en plusieurs temps. Il y a le temps de la chaise où le praticien se doit d'écouter les différentes motivations de la demande.
Au médecin d'adapter ses mots aux capacités de compréhension du patient.
Il faut également lui demander quelle est la représentation de sa mort et de sa maladie. Dans un deuxième temps, il faudra être clair et dire « nous n'allons pas vous faire mourir ». Nous sommes en capacité de combattre des souffrances avec des médecins spécialistes de la prise en charge de la douleur. »
Vous soignez donc le malade coûte que coûte ?
« Non, car nous lui précisons aussi que si nous n'allons pas le faire mourir, nous n'allons pas non plus l'accabler de médicaments. Je suis contre les traitements d'obstination. Dans tous les cas, nous indiquons bien aux malades que nous n'allons rien faire sans son accord. Mais les thérapies agressives ne servent à rien si c'est pour faire dormir un malade en fin de vie et ne jamais qu'il se réveille. Dans l'extrême majorité des cas, les malades ne souffrent pas, ce sont les familles qui ont peur. C'est le malade qui décide. »
Les évolutions juridiques de ces dix dernières années vont-elles dans le bon sens ?
« Il y a deux textes qui sont intéressants : la loi Kouchner de 2002 ainsi que le texte Léonetti de 2006.
Avec cette première loi, il est clairement indiqué que ce sont les malades eux-mêmes qui décident. Ce n'est plus le médecin qui a le pouvoir et c'est une bonne chose.
La loi Kouchner a aussi permis aux malades de désigner un référent. Une chose très intéressante pour les praticiens lorsque la communication avec le malade est rendue très difficile. Autre texte important pour les praticiens, la loi Léonetti de 2006 permet aux patients de rédiger sur une note ses volontés. Cette note est valable trois ans et cela permet aux malades d'être clair avec sa famille mais aussi avec les médecins. »
Propos recueillis par Th.D.
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Précarité domicile
Quoi faire? Qui voir? - Agenda informateur - Opinion - L'Informateur de Rivière-des-Prairies
Rentrée à l’Université du troisième âge
Les inscriptions à l’Université du troisième âge à la Pointe-de-l’Île se feront aux centres Le Mainbourg, Roussin et Rivière-des-Prairies, le mercredi 12 janvier (entre 13 h 30 et 16 h), ainsi que le lundi 17 janvier (entre 9 h 30 et 12 h)
Plusieurs cours (politique, histoire, arts) sont offerts et aucun préalable académique n’est requis. Les coûts varient de 25 $ à 85 $. Pour de plus amples informations, contactez directement l’université au 514 872-8668 ou Claire Aubin au 514 642-0812.
Les inscriptions à l’Université du troisième âge à la Pointe-de-l’Île se feront aux centres Le Mainbourg, Roussin et Rivière-des-Prairies, le mercredi 12 janvier (entre 13 h 30 et 16 h), ainsi que le lundi 17 janvier (entre 9 h 30 et 12 h)
Plusieurs cours (politique, histoire, arts) sont offerts et aucun préalable académique n’est requis. Les coûts varient de 25 $ à 85 $. Pour de plus amples informations, contactez directement l’université au 514 872-8668 ou Claire Aubin au 514 642-0812.
En attendant la voiture à mortalité zéro | Jacques Duval | Jacques Duval
Les voitures de ma jeunesse étaient de véritables cercueils roulants: freins à tambour, pneus en polyester, direction floue à vis et galet, tenue de route brinquebalante, pas de ceinture de sécurité, bref une véritable forêt d'épées de Damoclès prêtes à vous expédier dans l'autre monde au moindre accident. Et en plus d'être très sommairement équipées pour faire face aux hasards de la route, ces automobiles étaient affublées de moteurs de forte cylindrée beaucoup trop puissants pour les capacités des autres composantes des véhicules du temps.
Il a fallu que les gouvernements s'en mêlent, forcés de le faire par le fameux avocat américain Ralph Nader, érigé en protecteur du consommateur. Nous étions dans les années 60 et presque personne n'avait entendu parler de sécurité active ou passive.
Entre les deux, la différence est ténue et se résume en quelques lignes: la sécurité active est celle qui prévient l'accident grâce, par exemple, aux freins à disques doublés de l'ABS, aux systèmes de stabilité, à des suspensions mieux étudiées favorisant une bonne tenue de route, à des directions moins surmultipliées et même, dans certains cas, à des moteurs performants pour faciliter les reprises.
De l'autre côté de la médaille, il y a la sécurité passive qui regroupe tous les dispositifs dont les bénéfices se manifestent après coup, soit au moment de l'accident. Cela comprend bien sûr les coussins gonflables, l'indéformabilité de la carrosserie, les ceintures de sécurité, une colonne de direction immuable ou presque, la prévention d'incendie grâce à un réservoir bien scellé et maints autres aspects. Au train où vont les choses avec la multiplication des dispositifs électroniques, on se dirige vers la voiture à sécurité maximale, pour ne pas dire à mortalité zéro.
La dernière Mercedes-Benz CLS s'achemine lentement vers le statut de la voiture à mortalité zéro.
Photo Jacques Duval, collaboration spéciale
Bientôt, une voiture sans conducteur
Il m'a suffi de monter dans la dernière livraison de la Mercedes-Benz CLS 2012 pour y découvrir un assortiment incroyable de garde-fous électroniques. La voiture, par exemple, freinera d'elle-même s'il y a danger de collision tout en prenant le contrôle de la direction dans les mêmes circonstances.
Déjà, plusieurs accessoires ont fait leur apparition sur des voitures de luxe et il suffira de quelques années avant qu'on les retrouve sur l'ensemble du parc automobile. Je pense notamment aux systèmes de radar jumelés aux régulateurs de vitesse afin de ralentir le véhicule si nécessaire, aux détecteurs d'angle mort ou de changement de voie et aux caméras qui assurent une meilleure visibilité au moment de faire marche arrière. Bref, nous ne sommes pas très loin de la voiture sans conducteur. Une expérience récente en Allemagne a permis de dicter à une auto d'aller se garer d'elle-même dans un parc de stationnement.
Mieux encore, elle est revenue, sur l'appel d'un simple bouton, rejoindre son conducteur en face du restaurant où il se trouvait.
Quoiqu'il en soit et avant qu'une telle technologie arrive à s'implanter, c'est la responsabilité du conducteur de rendre sa voiture la plus sécuritaire possible. En hiver principalement, la conduite est propice aux accidents et il faut mettre tous les atouts de son côté en supprimant certaines mauvaises habitudes, comme celle de négliger de bien nettoyer les fenêtres de la voiture après une tempête de neige. Trop de voitures circulent avec des fenêtres ressemblant à des hublots, multipliant les angles morts.
Thèmes :
Conduite automobile
Maltraitance: épauler les aînés sur le terrain | Le Devoir
Pour le fondateur de l'organisme DIRA-Laval, Gilles Fournier, il faut accompagner les personnes âgées, et pas seulement les diriger vers les différents services d'aide
Les problèmes de santé, l’énergie qui décline et l’effritement du réseau social découragent souvent les aînés de se précipiter dans des combats contre la maltraitance de manière autonome. Mais des organismes comme Soutien aux aînés victimes d’abus, qui a dans ses rangs des bénévoles retraités, pour la plupart issus de milieux professionnels spécialisés reliés au domaine du droit, du travail social ou de la finance, accompagneront les victimes.
Le mandat paraissait simple: briser l'isolement des aînés. Mais l'agent de liaison pour le Carrefour communautaire Montrose, Yvon Cléroux, fut rapidement aux prises avec des cas d'abus psychologiques, physiques et financiers. «L'isolement et la maltraitance, c'est lié de très près. L'un entraîne facilement l'autre», constate-t-il aujourd'hui. En à peine trois ans d'activité, plus de 320 personnes âgées vulnérables ont déjà fait appel à ses services à l'intérieur des limites du quartier Rosemont. Le regard perçant, le ton et les expressions aguerris, il raconte, sans forcer la note, de multiples histoires «pathétiques» d'arnaques ou de réprimandes injustifiées, que ses fonctions lui ont fait découvrir. «Il y a des cas où tu arrives et tu ne t'imagines pas que ça existe à cinq coins de rue d'ici», admet-il, lors d'une rencontre au centre communautaire, près de la rue Masson et du boulevard Saint-Michel.
Chaque été, il cogne de porte en porte en compagnie des policiers cadets pour offrir ses services. Il aménage des kiosques d'information dans les endroits les plus fréquentés par les personnes âgées, en plus d'inscrire son numéro de téléphone sur des affiches officielles dans plusieurs vitrines. «De but en blanc, ils ne te font pas de confidences», explique M. Cléroux qui, sans s'imposer, reçoit parfois des appels des mois après ses activités de sensibilisation.
Lorsqu'une personne en détresse se manifeste, l'action est immédiate et l'accompagnement s'impose. «On a vraiment toute une façon de faire pour que les gens ne soient pas laissés en suspens pendant des jours», explique Jacques Brosseau, directeur du Carrefour Montrose. Cet engagement instantané s'avère indispensable, selon lui. «La première chose dont les gens ont besoin, c'est d'être rassurés [...]. Il faut donner confiance à ces personnes, mais ce sont des personnes qui ont fait confiance et qui ont été abusées. Il faut faire attention.»
Il ne s'agit donc plus de banalement référer aux services les plus proches. «Des gens victimes d'abus sexuels, j'en ai vu aussi, relate Yvon Cléroux. Déjà, de venir confier ça à moi, un pur étranger, ça leur demande un effort surhumain. La personne n'a pas le goût d'aller raconter ça à tout le monde. Moi, il faut que je trouve un support psychologique pour cette personne. Il en existe. C'est juste que la personne ne le trouvera jamais [si elle est laissée à elle-même]».
Le même type de soutien est offert aux gens victimes d'abus financier. «La personne qui va témoigner contre son fils, déjà que ça a été [difficile] de la convaincre de faire ça, tu ne l'envoies pas seule au palais de justice».
Pour tout l'est de Montréal
Les problèmes de santé, l'énergie qui décline et l'effritement du réseau social découragent souvent les aînés de se précipiter dans ces combats de manière autonome. «Ce qui va faire en sorte qu'ils ne vont pas nécessairement entreprendre des démarches de dénonciation ou se rendre jusqu'à la partie judiciaire du problème, c'est qu'ils sont vraiment seuls», explique d'ailleurs Diane Charrette, coordonnatrice du tout nouveau projet-pilote Soutien aux aînés victimes d'abus (SAVA). Lancée officiellement en octobre dernier, cette initiative de la Table de concertation des aînés de l'île de Montréal, en partenariat avec le Carrefour Montrose — qui commençait à recevoir des appels en provenance d'autres quartiers —, vise à étendre la démarche d'accompagnement à tout l'est de l'île.
Sept bénévoles retraités, pour la plupart issus de milieux professionnels spécialisés reliés au domaine du droit, du travail social ou de la finance, accompagneront les victimes. Un initié à l'univers judiciaire pourra donc, par exemple, être aux côtés d'une victime lors d'une rencontre avec un avocat pour ensuite vulgariser des informations qui ont été fournies dans un jargon hermétique.
«Dans certains cas [les victimes] ne vont pas aller jusqu'au bout de la démarche, reconnaît Diane Charrette. Mais les personnes, au moins, quand elles prennent leurs décisions, c'est en pleine connaissance de leurs droits et de tout ce que cela a comme implications et conséquences. Déjà, c'est avoir [plus] de pouvoir sur sa vie».
La formule éprouvée de DIRA-Laval
SAVA adapte au milieu communautaire montréalais la formule de l'OSBL DIRA-Laval qui, après huit ans d'existence et 1900 cas gérés, s'est constitué une équipe de 4 employés et 23 bénévoles au service des personnes âgées victime d'abus. «Notre premier objectif, ce n'est pas de les prendre en main, c'est de les aider, eux, à se prendre en main», illustre le fondateur de DIRA-Laval, Gilles Fournier.
Selon le récipiendaire du prix de la Justice en 2008, la contribution de bénévoles retraités s'avère foncièrement bénéfique, tant par l'expertise qu'ils apportent que par le lien de confiance qu'ils peuvent tisser. «On a réalisé que quand on est du même groupe d'âge, qu'on a des cheveux gris, qu'on est retraités, on n'utilise pas le même langage. [...] Dans le temps de le dire, on a une façon de communiquer avec laquelle on va chercher des informations que d'autres ne sont pas capables d'aller chercher.»
À son avis, cette approche transversale, qui bâtit des ponts entre tous les services possibles pour la personne tout en l'assistant, constitue «la seule solution, parce qu'il n'y a pas deux cas semblables», même si l'ingénieur à la retraite nuance par la suite, notant que certaines récurrences s'observent dans les types d'abus.
«Une ligne d'appel, ce n'est pas assez. Passer des dépliants, ce n'est pas assez», insiste celui qui a créé l'organisme en 2002. Président à l'époque de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées (AQDR) à Laval, Gilles Fournier n'en pouvait plus de se faire reprocher de «se débarrasser» des aînés en les dirigeant vers d'autres services.
«Accompagner veut aussi dire aller sur le terrain, aller chez les gens, les rencontrer, les écouter, essayer de décortiquer le problème. Parce que plus de 40 % des cas qu'on règle ici sont reliés à des abus financiers», constate M. Fournier en évoquant la complexité et la délicatesse de certains des dossiers; des situations dont la portée demeure parfois insaisissable lors d'un coup de téléphone.
La création d'un DIRA en Montérégie piétine, essentiellement à cause du financement. Gilles Fournier n'en démord pas et appelle d'autres régions à suivre son modèle. «Ce que je déplore à Montréal, c'est qu'il n'y ait pas grand-chose de fait. On est venu nous rencontrer souvent pour voir le modèle DIRA, mais à part [SAVA], il n'y en a pas d'autres qui ont tenté.»
Thèmes :
Maltraitance,
Précarité domicile
Commission européenne : CORDIS : Nouvelles : Les interventions psychologiques sont essentielles pour éviter les rechutes
L'un des troubles de santé mentale les plus répandus chez les personnes âgées est la dépression, et cela ne risque pas d'aller vers le mieux si l'on considère le vieillissement croissant de la population européenne. Des chercheurs de l'école nordique de santé publique en Suède ont découvert que les interventions psychologiques jouaient un rôle essentiel dans la prévention des symptômes dépressifs chez les personnes de plus de 65 ans.
Leurs travaux étaient partiellement financés par le projet DATAPREV («Developing the evidence base for mental health promotion and prevention in Europe: a database of programmes and the production of guidelines for policy and practice»), soutenu à hauteur de 997 621 euros au titre du sixième programme-cadre (6e PC) pour renforcer les preuves et faits en recherche de politiques pour la promotion et la protection de la santé mentale.
Les chercheurs ont évalué différentes formes d'interventions psychologiques et ont déterminé que les activités sociales occupaient la place la plus importante pour renforcer la santé mentale des personnes âgées. Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue Journal of Aging and Health.
«Il faut adapter les activités sociales aux besoins et capacités individuels des séniors dans la planification des soins aux personnes âgées», explique Anna Forsman, étudiant en doctorat à l'École nordique de santé publique et auteur principal de l'étude.
Les chercheurs n'ont découvert aucun effet significatif des interventions centrées sur l'exercice physique, la formation de compétences, les groupes de soutien, les souvenirs ou les interventions comportant des contenus combinés.
L'étude se basait sur des recherches systématiques dans 11 banques de données électroniques jusqu'en octobre 2009. L'objectif principal était de compiler et d'évaluer les connaissances factuelles et les bons exemples sur la prévention de la dépression et la promotion d'une bonne santé mentale chez les séniors.
Référence du Document: Forsman, A.K., et al. (2010) Psychosocial Interventions for the Prevention of Depression in Older Adults: Systematic Review and Meta-Analysis. J Aging Health. DOI: 10.1177/0898264310378041.
Leurs travaux étaient partiellement financés par le projet DATAPREV («Developing the evidence base for mental health promotion and prevention in Europe: a database of programmes and the production of guidelines for policy and practice»), soutenu à hauteur de 997 621 euros au titre du sixième programme-cadre (6e PC) pour renforcer les preuves et faits en recherche de politiques pour la promotion et la protection de la santé mentale.
Les chercheurs ont évalué différentes formes d'interventions psychologiques et ont déterminé que les activités sociales occupaient la place la plus importante pour renforcer la santé mentale des personnes âgées. Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue Journal of Aging and Health.
«Il faut adapter les activités sociales aux besoins et capacités individuels des séniors dans la planification des soins aux personnes âgées», explique Anna Forsman, étudiant en doctorat à l'École nordique de santé publique et auteur principal de l'étude.
Les chercheurs n'ont découvert aucun effet significatif des interventions centrées sur l'exercice physique, la formation de compétences, les groupes de soutien, les souvenirs ou les interventions comportant des contenus combinés.
L'étude se basait sur des recherches systématiques dans 11 banques de données électroniques jusqu'en octobre 2009. L'objectif principal était de compiler et d'évaluer les connaissances factuelles et les bons exemples sur la prévention de la dépression et la promotion d'une bonne santé mentale chez les séniors.
Référence du Document: Forsman, A.K., et al. (2010) Psychosocial Interventions for the Prevention of Depression in Older Adults: Systematic Review and Meta-Analysis. J Aging Health. DOI: 10.1177/0898264310378041.
Thèmes :
Troubles de santé mentale
Journal de Montréal – Actualités - Prise de conscience en 2010
MONTRÉAL — Il y a un an, la notion de maltraitance envers les aînés était méconnue du grand public.
Grâce aux campagnes publicitaires mettant en vedette Yvon Deschamps, le « dernier des tabous » est tombé en 2010, estime la Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ). À preuve, la ligne téléphonique Aide-Abus-Aînés a déjà reçu près de 1500 appels en moins de trois mois.
À la FADOQ, on soutient que les chiffres officiels, qui dénombrent 150 000 aînés victimes d’abus au Québec, ne représentent que la « pointe de l’iceberg ».
« Ce ne sont que les cas connus. Beaucoup de personnes âgées n’osent pas parler de la violence qu’elles vivent.
Heureusement, c’est en train de changer. La maltraitance envers les aînés est de moins en moins tabou », se réjouit la directrice adjointe de la FADOQ, Line Rémillard.
La popularité de la ligne téléphonique Aide-Abus-Aînés témoigne de ce changement de mentalité, estime cette dernière.
À peine dix semaines après sa mise en fonction, le 1er octobre, on comptait déjà 1422 appels à cette ligne qui offre appui et conseils aux personnes âgées victimes de maltraitance.
« Le plus grand défi, c’est de faire comprendre aux personnes qui téléphonent que la situation qu’ils vivent est inacceptable. Elles sont souvent victimes de leurs proches et ne veulent pas créer de chicanes », dit Mme Rémillard.
Violence physique, sexuelle, psychologique, les formes de maltraitance sont nombreuses. Une des plus fréquentes demeure toutefois les abus liés à l’argent : c’est ce que vivent près de 40 % des aînés victimes de maltraitance. « Oui, il y a des personnes qui sont victimes d’une fraude à la Norbourg ou à la Earl Jones. Mais elles ne représentent qu’une minorité des cas. Il y a plusieurs autres formes d’abus financiers », souligne Mme Rémillard.
Abus institutionnels
Après le dévoilement du plan sur la maltraitance, le lancement de la ligne téléphonique Aide-Abus-Aînés et la mise sur pied d’une chaire de recherche sur la maltraitance à l’Université Sherbrooke, Québec compte maintenant s’attaquer à la maltraitance institutionnelle chez les aînés en 2011.
« Quand on ne laisse pas aux personnes âgées le temps nécessaire pour manger ou qu’on les lève en fin d’avant-midi, il y a là négligence, à mon avis, et cette négligence relève de la maltraitance. Il va falloir changer nos façons de faire », tranche la ministre des Aînés, Marguerite Blais.
En entrevue, cette dernière a laissé entendre que la maltraitance présente dans les résidences, CHSLD ou hôpitaux, sans être généralisée, est « inquiétante ».
« Il est difficile d’obtenir des statistiques précises, car on commence à peine à lever le voile sur la maltraitance au Québec. Il faut savoir qu’il y a une génération d’aînés qui n’en parleront jamais, surtout lorsqu’il est question d’abus financiers. Il n’est jamais facile, par exemple, de dénoncer son enfant », lance-t-elle.
On peut rejoindre la ligne téléphonique provinciale Aide-Abus Aînés7 jours par semaine, de 8 h à 20 h, au 1-888-489-2287. Les intervenants offrent un service gratuit, confidentiel et bilingue.
Grâce aux campagnes publicitaires mettant en vedette Yvon Deschamps, le « dernier des tabous » est tombé en 2010, estime la Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ). À preuve, la ligne téléphonique Aide-Abus-Aînés a déjà reçu près de 1500 appels en moins de trois mois.
À la FADOQ, on soutient que les chiffres officiels, qui dénombrent 150 000 aînés victimes d’abus au Québec, ne représentent que la « pointe de l’iceberg ».
« Ce ne sont que les cas connus. Beaucoup de personnes âgées n’osent pas parler de la violence qu’elles vivent.
Heureusement, c’est en train de changer. La maltraitance envers les aînés est de moins en moins tabou », se réjouit la directrice adjointe de la FADOQ, Line Rémillard.
La popularité de la ligne téléphonique Aide-Abus-Aînés témoigne de ce changement de mentalité, estime cette dernière.
À peine dix semaines après sa mise en fonction, le 1er octobre, on comptait déjà 1422 appels à cette ligne qui offre appui et conseils aux personnes âgées victimes de maltraitance.
« Le plus grand défi, c’est de faire comprendre aux personnes qui téléphonent que la situation qu’ils vivent est inacceptable. Elles sont souvent victimes de leurs proches et ne veulent pas créer de chicanes », dit Mme Rémillard.
Violence physique, sexuelle, psychologique, les formes de maltraitance sont nombreuses. Une des plus fréquentes demeure toutefois les abus liés à l’argent : c’est ce que vivent près de 40 % des aînés victimes de maltraitance. « Oui, il y a des personnes qui sont victimes d’une fraude à la Norbourg ou à la Earl Jones. Mais elles ne représentent qu’une minorité des cas. Il y a plusieurs autres formes d’abus financiers », souligne Mme Rémillard.
Abus institutionnels
Après le dévoilement du plan sur la maltraitance, le lancement de la ligne téléphonique Aide-Abus-Aînés et la mise sur pied d’une chaire de recherche sur la maltraitance à l’Université Sherbrooke, Québec compte maintenant s’attaquer à la maltraitance institutionnelle chez les aînés en 2011.
« Quand on ne laisse pas aux personnes âgées le temps nécessaire pour manger ou qu’on les lève en fin d’avant-midi, il y a là négligence, à mon avis, et cette négligence relève de la maltraitance. Il va falloir changer nos façons de faire », tranche la ministre des Aînés, Marguerite Blais.
En entrevue, cette dernière a laissé entendre que la maltraitance présente dans les résidences, CHSLD ou hôpitaux, sans être généralisée, est « inquiétante ».
« Il est difficile d’obtenir des statistiques précises, car on commence à peine à lever le voile sur la maltraitance au Québec. Il faut savoir qu’il y a une génération d’aînés qui n’en parleront jamais, surtout lorsqu’il est question d’abus financiers. Il n’est jamais facile, par exemple, de dénoncer son enfant », lance-t-elle.
On peut rejoindre la ligne téléphonique provinciale Aide-Abus Aînés7 jours par semaine, de 8 h à 20 h, au 1-888-489-2287. Les intervenants offrent un service gratuit, confidentiel et bilingue.
2 février 2011
Résidence pour personnes âgées: les FADOQ demandent plus de contrôle | Pierre Saint-Arnaud | Santé
| Pierre Saint-Arnaud La Presse Canadienne |
Le réseau des Fédérations de l'âge d'or du Québec demande à Québec de procéder à une vérification des antécédents des propriétaires et employés de résidences pour personnes âgées, au même titre qu'on le fait pour les garderies.
À la lumière des histoires d'horreur vécues par les pensionnaires du Pavillon Marquette, le réseau des FADOQ estime qu'une telle vérification doit être intégrée au nouveau processus de certification des résidences mis en place par le gouvernement Charest.
Le réseau demande de plus à la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, de consacrer les ressources humaines et financières requises pour éviter que la certification ne se limite à l'émission d'un papier sans contrôle ultérieur.
Le directeur général du réseau, Danis Prud'homme, s'explique mal que le propriétaire du Pavillon Marquette, Déjean Victor, ait pu continuer à exploiter son établissement malgré le fait qu'il ait été condamné pour fraude fiscale et qu'un établissement dont il est propriétaire se soit vu retirer son permis d'alcool pour vente illégale d'alcool.
M. Prud'homme fait valoir que les maisons d'hébergement accueillent des personnes vulnérables, souvent seules et isolées, qu'il est facile de négliger et dont il est facile d'abuser. De plus, les résidants sont des cibles tentantes pour la fraude, puisqu'elles disposent souvent d'économies ou de revenus de pension de sources diverses.
Le réseau demande de plus à la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, de consacrer les ressources humaines et financières requises pour éviter que la certification ne se limite à l'émission d'un papier sans contrôle ultérieur.
Le directeur général du réseau, Danis Prud'homme, s'explique mal que le propriétaire du Pavillon Marquette, Déjean Victor, ait pu continuer à exploiter son établissement malgré le fait qu'il ait été condamné pour fraude fiscale et qu'un établissement dont il est propriétaire se soit vu retirer son permis d'alcool pour vente illégale d'alcool.
M. Prud'homme fait valoir que les maisons d'hébergement accueillent des personnes vulnérables, souvent seules et isolées, qu'il est facile de négliger et dont il est facile d'abuser. De plus, les résidants sont des cibles tentantes pour la fraude, puisqu'elles disposent souvent d'économies ou de revenus de pension de sources diverses.
Des aînés dans un état lamentable | Tommy Chouinard | Santé
| Tommy Chouinard La Presse |
(QUÉBEC) Les aînés hébergés au Pavillon Marquette à Montréal étaient dans un état lamentable lorsque le CSSS Jeanne-Mance a fermé la résidence et les a placés ailleurs. Plusieurs étaient affamés et malpropres au point d'avoir des «champignons dans les sous-vêtements». Certains avaient été privés de leurs médicaments, de leur courrier ou même de leurs chèques de pension.
De son côté, le propriétaire du Pavillon Marquette, Déjean Victor, personnalité bien connue dans la communauté haïtienne, aurait fait des «séances de vaudou» pour intimider le personnel du CSSS le jour du déménagement des résidants.
C'est ce qui ressort d'un document du CSSS Jeanne-Mance obtenu par La Presse au sujet de la fermeture, en novembre, du Pavillon Marquette, une résidence privée pour personnes âgées en perte d'autonomie située dans le Plateau-Mont-Royal.
La Presse a révélé la semaine dernière que les services y étaient tellement déficients que le CSSS, dans un geste rare, a résilié son contrat et placé les 14 pensionnaires dans une autre résidence.
Déjà condamné
Déjean Victor est un présumé trafiquant de drogue qui se serait évadé d'une prison de Port-au-Prince le 12 janvier 2010, jour du séisme meurtrier en Haïti. Ses deux compagnies de taxi et lui ont été reconnus coupables de fraude fiscale en juin dernier.
Victor est également propriétaire du Complexe Cristina, qui comprend un centre de banquets et une salle de spectacles. En décembre, la Régie des alcools, des courses et des jeux a suspendu les permis d'alcool de cet établissement de Saint-Léonard parce qu'on y vendait des bouteilles non timbrées. Victor a fait appel de la décision.
Conditions de vie «très difficiles»
Le document révèle des détails sur les «conditions de vie très difficiles» des pensionnaires du Pavillon Marquette, des détails que le CSSS Jeanne-Mance avait refusé de donner à La Presse.
L'histoire est pathétique. À leur arrivée dans leur nouveau centre d'hébergement, plusieurs résidants «ne sont pas propres et dégagent de mauvaises odeurs. La présence de champignons dans les sous-vêtements est notée par le personnel de la résidence», peut-on lire dans le document de cinq pages. Chez un résidant «qui n'a pas été lavé depuis longtemps», un préposé constate «une infection importante à champignons». Une femme a un «prolapsus utérin important» - une descente de l'utérus dans le petit bassin - «qui n'a jamais été signalé par le personnel du Pavillon Marquette à l'infirmière du CSSS affectée à cette ressource».
Le document précise également que les résidants «mangent beaucoup comme s'ils avaient été privés de nourriture en quantité suffisante».
Lors du déménagement, un infirmier découvre qu'une résidante «n'a pas pris ses médicaments durant 26 jours sur 31. Il s'agit d'un médicament important pour réduire l'agitation».
«Le courrier de certains résidants a été retrouvé dans les tiroirs des responsables du Pavillon Marquette par les intervenants du CSSS. Il s'agissait parfois de chèques de pension», ajoute-t-on.
Bref, les résidants «ne recevaient pas les soins et les services requis par leur condition physique et psychologique. Ces situations laissent supposer de la négligence de la part du personnel du Pavillon Marquette».
Le document fait état des «tentatives d'intimidation» de Déjean Victor envers le personnel du CSS lors du déménagement des résidants. «Ce dernier aurait fait des séances de vaudou», déposé de la «poudre brune dans le bureau du personnel». Il aurait fait des «incantations en portant les mains au-dessus de la tête» d'une intervenante. Le CSSS avait prévu le coup et fait appel à des agents de sécurité pour superviser le déménagement des pensionnaires.
C'est ce qui ressort d'un document du CSSS Jeanne-Mance obtenu par La Presse au sujet de la fermeture, en novembre, du Pavillon Marquette, une résidence privée pour personnes âgées en perte d'autonomie située dans le Plateau-Mont-Royal.
La Presse a révélé la semaine dernière que les services y étaient tellement déficients que le CSSS, dans un geste rare, a résilié son contrat et placé les 14 pensionnaires dans une autre résidence.
Déjà condamné
Déjean Victor est un présumé trafiquant de drogue qui se serait évadé d'une prison de Port-au-Prince le 12 janvier 2010, jour du séisme meurtrier en Haïti. Ses deux compagnies de taxi et lui ont été reconnus coupables de fraude fiscale en juin dernier.
Victor est également propriétaire du Complexe Cristina, qui comprend un centre de banquets et une salle de spectacles. En décembre, la Régie des alcools, des courses et des jeux a suspendu les permis d'alcool de cet établissement de Saint-Léonard parce qu'on y vendait des bouteilles non timbrées. Victor a fait appel de la décision.
Conditions de vie «très difficiles»
Le document révèle des détails sur les «conditions de vie très difficiles» des pensionnaires du Pavillon Marquette, des détails que le CSSS Jeanne-Mance avait refusé de donner à La Presse.
L'histoire est pathétique. À leur arrivée dans leur nouveau centre d'hébergement, plusieurs résidants «ne sont pas propres et dégagent de mauvaises odeurs. La présence de champignons dans les sous-vêtements est notée par le personnel de la résidence», peut-on lire dans le document de cinq pages. Chez un résidant «qui n'a pas été lavé depuis longtemps», un préposé constate «une infection importante à champignons». Une femme a un «prolapsus utérin important» - une descente de l'utérus dans le petit bassin - «qui n'a jamais été signalé par le personnel du Pavillon Marquette à l'infirmière du CSSS affectée à cette ressource».
Le document précise également que les résidants «mangent beaucoup comme s'ils avaient été privés de nourriture en quantité suffisante».
Lors du déménagement, un infirmier découvre qu'une résidante «n'a pas pris ses médicaments durant 26 jours sur 31. Il s'agit d'un médicament important pour réduire l'agitation».
«Le courrier de certains résidants a été retrouvé dans les tiroirs des responsables du Pavillon Marquette par les intervenants du CSSS. Il s'agissait parfois de chèques de pension», ajoute-t-on.
Bref, les résidants «ne recevaient pas les soins et les services requis par leur condition physique et psychologique. Ces situations laissent supposer de la négligence de la part du personnel du Pavillon Marquette».
Le document fait état des «tentatives d'intimidation» de Déjean Victor envers le personnel du CSS lors du déménagement des résidants. «Ce dernier aurait fait des séances de vaudou», déposé de la «poudre brune dans le bureau du personnel». Il aurait fait des «incantations en portant les mains au-dessus de la tête» d'une intervenante. Le CSSS avait prévu le coup et fait appel à des agents de sécurité pour superviser le déménagement des pensionnaires.
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Maltraitance,
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